L’écologisation de l’industrie lourde est un objectif essentiel

Lors de la COP21 à Paris, la négociatrice en chef de l’ONU, Christiana Figueres, a averti à plusieurs reprises que les années 2020 sont une décennie critique pour faire face à la crise climatique. La trajectoire carbone de la planète est liée aux politiques établies par les gouvernements et aux décisions que prennent les entreprises aujourd’hui.

C’est pourquoi la nouvelle loi américaine sur la réduction de l’inflation (IRA) est une source de soulagement. Cela guide la plus grande économie du monde vers un avenir plus durable. Dans un effort similaire, le Canada a introduit des crédits d’impôt à l’investissement pour encourager le secteur privé à prendre des mesures environnementales.

Mais là où le Canada et les États-Unis accusent un net retard, il y a des industries qui comptent parmi les pollueurs les plus notoires : l’acier, le ciment, les plastiques et les produits chimiques industriels, collectivement appelés « industrie lourde ». L’industrie lourde est aussi le dernier lieu où l’innovation se concrétise.

Les projets de démonstration ne suffisent plus. La planète a un besoin urgent d’une transformation en gros de l’industrie lourde.

La production de produits chimiques, de métaux (comme le fer et l’acier), d’engrais et de minéraux (comme le ciment) représentait 24 % des émissions américaines en 2022, selon le dernier inventaire des gaz à effet de serre de l’Environmental Protection Agency. Globalement, ce pourcentage s’élève à 30 %. Au Canada, c’est 11 %, mais cela ne tient pas compte des futures émissions provenant du traitement des gros volumes de matières premières que le Canada exporte.

Le secteur industriel est le plus grand secteur d’utilisation finale en termes de demande d’énergie et d’émissions, et pourtant l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié un rapport ne montrant aucun projet en 2021. de les sous-secteurs de l’industrie lourde sont sur la bonne voie pour atteindre zéro émission nette de carbone d’ici 2050 – une référence que les Nations Unies jugent nécessaire pour “prévenir les pires effets du changement climatique et protéger une planète habitable”.

Alors, que doit-il se passer si nous voulons faire de l’écologisation de l’industrie lourde le prochain objectif climatique et prendre la décision au Canada de relever certains des défis de décarbonisation les plus difficiles au monde?

Premièrement, nous devons nous concentrer sur les principales sources d’émissions industrielles, telles que les hauts fourneaux, les usines chimiques et les fours à ciment.

Deuxièmement, nous devons assimiler les efforts de réduction du carbone aux nouvelles technologies qui améliorent l’efficacité des processus ou des matériaux avec l’élimination du carbone.

Ni les IRA ni les crédits d’impôt à l’investissement canadiens ne le reconnaissent encore. Ils n’offrent aucune incitation à réduire les émissions par l’amélioration des procédés ou des matériaux ou la substitution de matériaux à faibles émissions. C’est probablement notre moyen le plus rapide et le plus efficace de réduire les émissions à court terme, plutôt que d’éliminer les réductions dans l’industrie lourde.

Troisièmement, nous devons accélérer les choses. Presque par définition, les gouvernements et l’industrie lourde avancent lentement, mais le temps n’est pas de notre côté. Les décisions politiques et les décisions commerciales doivent être accélérées afin que nous puissions exploiter les nouvelles technologies et construire l’infrastructure qui nous amènera au net zéro le plus rapidement.

Nous devons apporter la mentalité de la Silicon Valley et la course concept-pilote à l’industrie lourde. La bonne nouvelle est qu’il existe des innovations intéressantes. Nous devons parier gros, parier souvent et construire un cadre d’investissement rapide solide et diversifié soutenu par la communauté pour des concepts prometteurs en phase de démarrage.

Dans cette compétition des plus critiques, il faut toucher le plus de cibles possible, même si la plupart d’entre elles ne marquent pas au final.

Nous sommes au bord d’une révolution majeure dans la production des briques littérales de la civilisation moderne : un ciment plus durable que l’eau, plutôt que d’émettre du carbone. Ensuite, il y a les plastiques bioneutres qui peuvent être recyclés à l’infini. Et de l’acier sans carbone qui peut être forgé avec une fraction de l’énergie des alliages conventionnels.

Si vous suivez une chaîne d’approvisionnement, vous finirez par trouver ces composants (ciment, plastique, acier) qui constituent l’infrastructure du monde moderne qui nous entoure.

Pour transformer l’industrie lourde et atteindre nos objectifs climatiques les plus urgents, nous devons aligner l’économie et les processus décisionnels. Il peut s’agir de politiques et d’investissements gouvernementaux.

Apoorv Sinha est le PDG de Carbon Upcycling à Calgary, en Alberta.

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